11 février 2009
Le mariage n’aura pas lieu, Fortis bien enterré
Les fiançailles avaient bien commencées et devaient déboucher sur la naissance d’un champion européen de la finance avec de solides assises dans la banque de détail (France, Italie, Belgique, Pays Bas).
En rejetant à un peu plus de 50% (contre 49,74 % pour le oui) l’offre de BNPPARIBAS, les actionnaires ont tranchés.. Derrière ce désavoeu, plusieurs questions se posent sur l’avenir de Fortis voué à un démantèlement de ses activités et à une revente en morceaux sauf si les actionnaires décident à nouveau de porter l’affaire devant le tribunal. Quoiqu’il en soit la valeur intréséque de Fortis ne devrait pas connaître de rebond et l’acharnement des petits actionnaires ne devrait pas déboucher sur une action pérenne.
Du côté de la banque de la rue d’Antin, on évoque que ce rapprochement n’aura aucun impact sur l’activité de BNPPARIBAS, groupe aux bases solides.
Néanmoins BNPPARIBAS reste à la traîne dans la course à la taille critique et l’annulation de cette opération est un sérieux revers pour son directeur Baudouin Prot. Pour rebondir en Bourse, le groupe devra montrer qu’il est capable de mener une nouvelle opération d’envergure afin de rejoindre les premières places mondiales et repasser définitivement du statut de prédateur à celui de proie. Sur ce dernier point, un groupe de l’envergure de BNPPARIBAS n’aura pas à se faire de soucis en tant de crise mais il faudra absolument trouver d’autres cibles d’ici là avant que la liquidité devienne moins chère et qu’elle redevienne une proie.
L’aventure continue …
13 janvier 2009
7 bonnes raisons pour la fusion BNPPARIBAS-Fortis
1 – La nécessité d’atteindre une taille critique est un enjeu majeur pour toutes les banques du monde aujourd’hui. Les rapprochements a priori et a posteriori de la crise montrent qu’il est nécessaire d’avoir un groupe solide aux revenus diversifiés, avec des marchés de base dans la banque de détail puissants et des implantations géographiques diversifiés.
2 – Le fait d’avoir une image forte et rassurante en temps de crise …. Une entreprise au bord du gouffre ne rassure ni les clients, ni le marché.
3 – L’atout des synergies et de marché domestique avec un positionnement fort à terme sur la France, l’Italie et la Belgique permettant au groupe d’être une des premières banques de dépôt en Europe.
4 – Un refinancement à moindre coût, véritable enjeu des banques aujourd’hui, permettant une hausse du PNB et un ratio Tier One dans des normes supérieurs à celles exigés par le régulateur.
5 – Le maintien de l’emploi. On imagine mal Fortis reprendre son indépendance ou être vendue en « compartiments » sans que celle-ci ait besoin d’alléger ces frais de gestion.
6 – Un développement soutenu et durable à l’international : un Etat ou un groupe de petits porteurs ne peuvent insuffler durablement et en conséquence des investissements permettant à l’entreprise de maintenir et développer ses marchés.
7 – Des contretemps qui coûtent chers aux actionnaires y compris les petites porteurs : perte de changes de 295 millions, etc et au final un cours de bourse qui ne retrouvera jamais les niveaux qu’il a atteint précédemment surtout quand l’entreprise ne peut pas faire la preuve de son développement et de sa pérennité à long terme.
16 décembre 2008
Le rachat de Fortis par BNP PARIBAS prend du retard
Vendredi soir, la cour d'appel de Bruxelles a contesté la procédure qui avait conduit, le 6 octobre, au démantèlement de la banque, estimant que les petits actionnaires avaient été court-circuités. Les magistrats prennent ainsi à contre-pied un jugement précédent du tribunal de commerce.
Une assemblée générale extraordinaire aura lieu le 12 février suite à la requête de 2.000 petits actionnaires de Fortis. Si ce contre-temps ralentit l'intégration à partir de décembre par la BNP PARIBAS, l'Etat Belge devrait pouvoir céder prochainement sa part de Fortis à BNP PARIBAS.
La volonté du gouvernement belge de sauver sa banque, la diplomatie et les enjeux pour Fortis ne peuvent que conduire à la reprise de Fortis par BNP PARIBAS. Du côté du repreneur, on se fend d'un communiqué de presse indiquant l'intérêt pour les actionnaires et les clients à cette reprise. Face à tous ses enjeux, la parole des 2.000 actionnaires semble bien dérisoire pour une transaction conclue et réglée pour le monde de la finance
06 octobre 2008
BNPParibas rachète Fortis
BNPParibas rachète finalement les activités de Fortis en Belgique et au Luxembourg. Il aura fallu une semaine de plus à la banque de la rue d’Antin pour s’offrir une place de choix sur le marché belge et luxembourgeois et passer à un statut de géant européen.
14,5 milliards d’euros c’est la somme que BNPParibas va dépenser pour devenir l’actionnaire majoritaire de Fortis, les Etats Luxembourgeois et Belges restant au capital. L’acquisition sera payé à hauteur de 9 milliards d’euros payés en 132,6 millions d’actions nouvelles. Le reste 5,5 milliards sera payé en cash et servir au rachat de Fortis Assurance en Belgique.
Les synergies sont d’ores et déjà estimés à 500 millions d’euros par an jusqu’en 2011. Pour la restructuration, les coûts sont chiffrés à 750 millions approximativement. Les restructurations devraient essentiellement concernés les services supports avec des rapprochements locales des équipes en Pologne, Turquie et en France.
A terme le ratio Tier 1 de BNPParibas devrait s’améliorer, BNPParibas devenant de fait la première banque de dépôts de la zone euro. Ce virage stratégique pour BNPPARIBAS lui permet de faire face et de montrer sa solidité au cœur de la crise financière.
29 septembre 2008
Fortis ou la grenouille qui voulait devenir boeuf
Fortis traverse une grave crise après l'injection de 11,2 milliards d'euros par la Belgique, le Luxembourg et les Pays Bas à hauteur de 49% dans chacune des filiales respectives de la banque. Cette injection se justifie : Fortis est la première banque belge et la seconde banque des Pays Bas.
Fortis se sépare également des activités rachetées à ABN AMRO quelques mois auparavant pour 24 milliards, avec une certaine dépréciation dûe à la crise actuelle des marchés (entre 8 et 12 milliards à la revente). La banque va donc se recentrer sur ces métiers historiques et ne devrait pas procéder à des licenciements massifs.
Le nouveau patron Filip Dierckx déclare "Je ne vais pas démentir que si on regarde certaines des décisions que nous avons prises dans le passé, alors on peut probablement dire qu'elles ont été prises au mauvais moment".
Par peur d'être racheté et pour se développer sur de nouveaux marchés rapidement, Fortis a joué au Casino avec une équipe de direction non impliquée et très volatile ... aujourd'hui Fortis en paie le prix fort. Les investisseurs dépités n'ont plus qu'à prendre leur mal en patience pour retrouver des plus values à l'heure où l'action du groupe est plus que dissolue. Pour la France, aucun changement particulier, les projets secondaires sont tous gelés. Les directions de groupe sont invités à présenter les changements au sein de Fortis en rassurant le personnel et en insistant sur la maîtrise du risque et des frais généraux.